Aéronautique

Aéronautique: Elalamy défend mordicus ses écosystèmes.

INDUSTRIE – “Laissez-nous travailler s’il vous plaît ou cherchez un autre ministre de l’Industrie !” Voilà ce que répond Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique, quand on lui demande si les secteurs de l’aéronautique et de l’automobile sont capables de répondre aux besoins du Maroc en termes d’emploi, mais également de diversification du tissu productif.

Le département de l’Industrie compte en brut

Interrogé par le HuffPost Maroc lors de l’inauguration de la nouvelle usine de fabrication de l’américain Hexcel à Midparc le 21 mars, le ministre est sans équivoque: il est hors de question d’abandonner ces deux secteurs parmi “les plus beaux pourvoyeurs d’emplois dans ce pays”. Et à tous ceux qui douteraient encore, MHE assène des chiffres, pour le coup très optimistes. Lors du Conseil de gouvernement du 22 mars puis lors d’une conférence de presse, le ministre a présenté les résultats de l’enquête sur l’emploi dans l’industrie qu’il a lui-même réalisée.

 

Ainsi, entre 2014 et 2017, le secteur industriel aurait créé plus de 288.000 emplois toutes filières confondues. À ce rythme, le Plan d’accélération industrielle pourrait même dépasser son objectif de 500.000 emplois à horizon 2020. Rien que du bon à une précision près: le ministre compte en brut. C’est donc tout à fait normal que le bilan qu’il présente s’éloigne prodigieusement de celui du Haut-Commissariat au Plan (HCP) qui prévoit de dévoiler ce mercredi les chiffres de son enquête nationale sur l’emploi.

Il n’est pas question d’abandonner l’aéronautique

Mais les statistiques ne constituent pas les seules divergences entre les départements de Lahlimi et d’Elalamy. Lors d’une récente sortie, le Haut-Commissaire avait pointé du doigt la faiblesse du secteur productif marocain et, en se basant sur une étude de l’Université d’Harvard, avait préconisé de valoriser le potentiel latent de nouveaux produits dans les filières de l’agriculture, l’industrie chimique, la fabrication de machines d’équipement, le textile, la métallurgie ou encore l’industrie du caoutchouc et plastique.

L’idéal étant, selon le HCP, de concentrer les efforts sur les produits de l’agriculture, de la pêche, des industries alimentaires et du cuir qui, malgré leur faible niveau de complexité, offrent à l’économie un gain d’opportunité de diversification et de sophistication beaucoup plus important que les produits de haute complexité.

Une aberration pour Moulay Hafid Elalamy ! “On me sort souvent deux théories plus mauvaises l’une que l’autre. Soit on me dit qu’il ne faut prendre que le travail à haute valeur ajoutée. À ce moment-là que fait-on des employés qui n’ont pas de formations et qui cherchent un emploi ? Soit on me demande d’abandonner les ingénieurs alors qu’il y en a beaucoup de très compétents formés au Maroc et qui veulent un emploi. Qui sont ces gens qui donnent des idées de ce type-là au Maroc ?” Le ton est donné.

Source : https://www.huffpostmaghreb.com/entry/aeronautique-elalamy-defend-mordicus-ses-ecosystemes_mg_5aba00a6e4b054d118e66c12

 

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